Reprendre une entreprise en temps de crise quand on y est extérieur… Mythe ou réalité ?

Issu d’une présentation de : Serge Bonnefoi (Mines 72) et Jean pierre  Daverio (ex DG des taxis bleus, X 80) de l’ association MB Entreprendre

 

Reprise de PME dans le cadre de transmission en général.

LBO : reprise d’entreprise avec management qui vient de la cible

Buy in : le repreneur vient de l’extérieur avec un fonds d’investissements.

LBO-MBI quelques chiffres

Situation stable jusqu’à l’été 2008. Crise : nombre de gros LBO chute mais le petit nombre de MBI resiste (37 en 2008).

2009 : ne sera que la moitié d’une année normale.

Très forte baisse en valeur. (baisse des montants des deals qui sont de 28% inférieur).

LBO primaire : avant dans un groupe ou patrimoniale.

Secondaire : LBO nouvelle génération, un fonds vend à un autre fonds.

En 2007 Il y a eu beaucoup de LBO secondaires, puisque les fonds voulaient revendre les investissements qu’ils ne pouvaient plus soutenir.

Peu de LBO au dessus de 200M€.

Entre 5 et 75€ c’est l’idéal pour faire un MBI.  (ce qui correspond à un CA compris entre 15 et 50M€)

En cette année 2009 il n’y a plus de gros deals ni de LBO secondaires. Il ne reste que les petites opérations (<75M€)

Sur les 200 fonds d’investissements, 1/3 va disparaître.

La crise

Il s’agit des impressions du marché (grâce aux réunions des 3 derniers mois.).

LBO  classique : reprise d’une société rentable, secteur mature avec des cashs flows très prévisibles et récurrents et utilisation d’un levier de dette pour l’acquérir.

Petit historique de la crise :

BULLE (2000 – 2008) / On est passé du LBO classique à  une prime au MBO : 100% focus financier, avec une  perte de vue des besoins opérationnels, pas d’ingérences des actionnaires, ni des banquiers, les multiples augmentent, le levier augmente… Mécanisme de dette infini et avec un repoussement du risque à l’infini en se disant quelqu’un d’autre devra s’en occuper, je revendrai avant..

Qui éclate : les acteurs ne font plus leur métier mais du trading (se dire est ce que je peux revendre le deal). La dette se contracte (grandes banques ont des problèmes, prêter devient plus problématique, donc plus de possibilité de trouver des financements) la bulle éclate et l’économie réelle est touchée.

2009 :

–    des sociétés opérationnelles en danger absolu (problème au niveau opérationnel )ou relatif (ÇA va, il y a des clients, mais difficultés a rembourser le prêt).

–    groupes qui se recentrent rapidement

–    des situations qui nécessitent des équipes de crise (besoin de management de crise)

–    implication de tous les actionnaires même des prêteurs (covenant (conditions de prêts) modifiés cassés pour 70% des fonds, )

Tendances

Pas de dettes pour les grosses opérations (on ne trouve plus 50M€ de dette, donc plus de grosses opérations)..

Il existe des lignes problématiques dans le portefeuille de fonds, il faut donc restructurer la dette.

Il y a une émergence de fonds de retournement (verdoso, HIG) qui vont racheter des actifs pas cher.

Dans le même temps, les grands groupes se focalisent sur leur cœur d’activité.

Opportunités

Elles seront Small ou mid cap.

Il faut comprendre comment va évoluer le marché du retournement (des sociétés en difficultés dans le portefeuille des fonds sont nombreuses donc c’est une opportunité aussi en MBI car changement des conditions).  A l’extrême on pourrait même envisager des banques prenant le pouvoir.

Spin off de grands groupes vont se multiplier.

Les acquisitions se feront sans dette ou sans fonds (sponsorless).

Le profil du MBIste

Expérience :

–    vraie direction générale (capacité d’assumer de fonctions généralistes)

–    expérience entrepreneuriale

–    ou vrai opération de conduite du changement/adaptabilité/intégration

–    savoir élaborer un BP

–    manager le cash

–    rompu aux techniques de reporting

–    expérience sectorielle force ou du business  model (pour convaincre le cédant et pour avoir le soutien des fonds d’investissement. )

Qualités personnelles :

–    leadership – être en 1ere ligne

–    persévérance, être proactif

–    développez et gérer ses réseaux

–    patience (cycle moyen de 18 mois). Etre prêt à consacrer 2 à 3 ans.

résistance au stress

–    prise de risque

–    flexibilité

–    prêt à investir et s’investir

J’ai trouvé mon idée business en boite de nuit

 

Interview de M. Khau Vincent
Directeur associé de Smart Flux, Gestionnaire de vos événements

Quel est votre parcours ?
Nous sommes tous les deux étudiants. Vincent étudie en marketing et la communication tandis que Pierre suit une formation en finance corporative.
Vincent a toujours été attiré par l’événementiel et l’organisation d’événements professionnels en tout genre. Grâce à plusieurs stages effectués dans certaines institutions, il possède maintenant de nombreux contacts ainsi qu’une passion pour le marketing et la relation client.
Pierre est plus terre-à-terre et est fasciné depuis longtemps par l’informatique et les nouvelles technologies de l’information.
Nous avons par ailleurs tous les deux travaillé et touché au milieu de la plasturgie, que ce soit par des stages ou des études de marché marketing.
Smart Flux est donc la réunion au bon endroit et au bon moment de deux étudiants entrepreneurs qui se complètent.

Quel est votre concept ?
Nous proposons une solution clé en main et globale aux entreprises qui œuvrent dans le domaine de l’événementiel et de l’organisation de soirées en tous genres. Notre entreprise promet une amélioration significative des flux d’entrées et de sorties, des temps d’attentes, de la consommation au bar ou encore de la gestion des vestiaires.
Grâce à un système innovant de bracelets en plastique à puce, au design avant-gardiste et surtout écologique le client ne se préoccupera plus de son coupon de vestiaire ou de la perte de son argent.
En effet ce bracelet permet par exemple de régler au bar, de récupérer son vestiaire, ou encore d’accéder à des salles où vous êtes invité sans présentation de ticket.
Couplé à un système informatique, Smart Flux permet d’accéder à de nombreuses fonctions de comptabilité en temps réel ainsi qu’à des statistiques précises sur l’événement : chiffre d’affaire, nombre de clients, heures de fréquentation…

D’où vous est venue l’idée ?
Cette idée nous est venu il y a maintenant plus d’un an, nous allons souvent en boite de nuit et nous avions remarqué que les clients perdaient souvent leur ticket de consommation ou de vestiaire …
De plus l’organisation et la gestion est très difficile quand il y a beaucoup de client.
L’idée de création de l’entreprise Smart Flux est apparue au moment de l’association de deux amis d’enfance en vue d’un projet d’entrepreneuriat.

Quelle est votre facteur différenciant par rapport à la concurrence ? Et pensez-vous répondre à un réel besoin ?
Notre produit n’a pas de concurrence directe sur le marché à l’heure actuelle. Nous sommes les premiers à proposer ce type de service de gestion tout inclus. Notre recherche est basée sur les témoignages de gérants de boites de nuit, de tenanciers de casinos ou encore d’organisateurs de salons professionnels. Ils ont chacun évoqué les problèmes d’optimisation des flux de clients. Notre solution leur apporte un véritable atout et un avantage décisif.
Nous sommes présents pour simplifier la gestion, apporter une touche révolutionnaire et écologique à votre événement.

S’agit-t-il de votre 1ère création d’entreprise et si oui quelles ont été les plus grosses difficultés auxquelles vous n’aviez pas pensé ?
Oui il s’agit de notre première création d’entreprise.
La lourdeur administrative (création d’entreprise, dépôt de marque, brevets) a été une des principales difficultés que nous avons rencontré. En tant qu’étudiant et récent entrepreneur, c’est une gymnastique à laquelle nous ne sommes pas habitués.

Quelles sont les erreurs à ne pas faire quand on lance une société comme la vôtre à notre époque ?
Nous avons choisi avec beaucoup de soin les personnes avec lesquelles nous travaillons. Ainsi, c’est grâce à la famille, voire aux relations professionnelles de nos amis que nous avons trouvé nos partenaires et collaborateurs.

Dans 3 ans vous vous voyez comment ?
Cette expérience d’entrepreneuriat est très enrichissante. Dans 3 ans nous serons probablement encore sur un projet de ce type (Smart Flux ou autre).

Les 3 points fondamentaux qu’un entrepreneur ne devrait jamais oublier en montant sa boite ?
Il faut tout d’abord choisir son domaine d’activité en fonction de deux choses importantes:
– son champs de connaissance (technique, marketing ou autre),
– ses goûts et ses préférences.

Ensuite on doit développer son réseau: parler de son projet ou entreprise autour de soi et surtout devant les professionnel pour recueillir des impressions et témoignages. Vous pourrez ainsi préciser et adapter votre produit en fonction des besoins réels.
Enfin, il faut accroitre la communication: site internet, partenariats, TV, radio : il faut être vu et entendu! Participer à des concours d’entrepreneuriat est un excellent moyen de gagner une crédibilité ainsi que des fonds pour votre projet. C’est aussi le moment de recevoir un avis critique et constructif de la part de professionnels.
Il ne faut pas oublier que même avec une excellente idée de projet, sans marketing et communication, il a très peu de chance de marcher.

Un conseil aux personnes en phase de création d’entreprise.
Ne pas avoir peur de se lancer, car cela sera une extraordinaire expérience aussi bien professionnelle qu’humaine.

Monsieur Khau, merci pour cet entretien.
Pour en savoir plus sur ce Smart Flux, vous pouvez consulter directement sur leur site Internet.

Vidéo de présentation Smart FLux

Téléphoner gratuitement par facebook : Likiwi

 

Quel est votre concept ?
Likiwi donne de la voix à Facebook ! Nous avons développé une application Facebook qui permet aux utilisateurs de téléphoner gratuitement à leurs amis Facebook, d’accumuler des points en visionnant une publicité avant chaque appel et d’utiliser ces points pour téléphoner gratuitement vers les téléphones fixes et mobiles.

D’où vous est venue l’idée ?
Lors de nos différents cursus scolaire effectués à l’étranger, nous souhaitions pouvoir joindre nos proches sans faire exploser la facture téléphonique. N’ayant pas réussi à faire installer Skype à nos grands-parents il fallait trouver un moyen de les joindre sur de simples téléphones sans dépenser d’argent. En plus, nous passions nos journées sur Facebook mais il n’y avait pas encore de chat vocal sur Facebook…donc Likiwi est né !

Quelle est votre facteur différenciant par rapport à la concurrence ? Et pensez vous répondre à un réel besoin ?

Aucun téléchargement, aucune nouvelle création de compte, aucune installation et plus besoin d’ajouter la liste de mes amis car tout est automatique ! Après nous proposons de la gratuité de PC à PC mais surtout, de la gratuité vers les fixes et pour 2010 vers les mobiles

Pourquoi avoir choisi Facebook, plutôt qu’une autre plateforme sociale ? Comptez-vous vous développer sur d’autres plateformes ?
Facebook c’est le 1er réseau social présent dans 180 pays avec 350 Millions d’utilisateurs dont 13 Millions en France et 50 % des utilisateurs qui sont actifs ! Nous avons choisi Facebook pour 2 raisons :
–    La base de données « utilisateurs » de Facebook, 70% des utilisateurs de Facebook ont entre 14 et 34 ans et c’est notre cœur de cible car ils sont les plus réceptifs « aux bon plans »
–    La viralité de Facebook car en moyenne les utilisateurs ont 150 amis et le bouche à oreille fonctionnent énormément sur les réseaux sociaux, les utilisateurs utilisent ce que leur conseillent leurs amis.

Quelles ont été les plus grosses difficultés auxquelles vous n’aviez pas pensé ?
Notre jeunesse ! A 24 ans, ce n’est pas facile d’expliquer qu’on veut devenir un opérateur alternatif surtout quand il s’agit de bouleverser les modèles existants ! Il faut démarcher les clients, dans notre cas les annonceurs et les régies publicitaires, puis les convaincre du potentiel de notre modèle.

Quelles sont les erreurs à ne pas faire quand on lance une société comme la votre  à notre époque ?
–    Baisser les bras avant de tout avoir essayé !
–    Ne pas écoutez les retours clients
–    Ne pas se lancer

Dans 3 ans vous vous voyez comment ?
Likiwi aura grandit et se sera développée sur les plateformes mobiles.

Les 3 points fondamentaux qu’un entrepreneur ne devrait jamais oublier en montant sa boite ?
–    Rencontrer ses futurs clients
–    Ecouter ses clients
–    Chercher et s’entourer des bonnes personnes

Un conseil aux personnes en phase de création d’entreprise.
Just do it !

www.likiwi.com ou sur facebook : http://appli.likiwi.com

Pierre-Henri Deballon : Démissionner au bout de 6 mois pour faire du vélo et créer Weezevent

 

Interview de Mr Pierre-Henri DEBALLON fondateur du site Weezevent

Quel est votre parcours ?

Après une Prépa Cachan, je suis entré Maîtrise d’Economie et Gestion du Sport à Paris Dauphine, période pendant laquelle j’ai joué à haut niveau en handball. Après ces deux années à Dauphine, j’ai intégré l’ESCP-Europe en mastère spécialisé Innover Entreprendre car l’entreprenariat était la spécialisation qui m’attirait depuis longtemps. A la sortie de cette formation, j’ai lancé un concept événementiel : Velotour tout en étant consultant junior en stratégie. Après 6 mois de conseil, j’ai démissionné pour me consacrer à Velotour mais surtout pour créer Weezevent.com une solution de billetterie en ligne de nouvelle génération.

Quel est votre concept ?

Weezevent est un site Internet qui permet à tout organisateur d’événement de se créer en quelques minutes et de façon très simple, une billetterie web pour les inscriptions en ligne. C’est donc une plateforme en self-service, qui propose des fonctionnalités basiques : créer des billets avec un prix spécifique, définir la période de vente, ajouter ses visuels aux e-tickets, se constituer un site événementiel… mais aussi avec des fonctionnalités plus abouties pour répondre aux attentes d’organisateurs professionnels : formulaires sur mesures, codes de réduction, gestion des billets de groupe, contrôle des accès par code barre, etc.
L’idée étant de se positionner entre les distributeurs de billets que sont la Fnac, TicketNet et entre les éditeurs de logiciel de billetterie : Satori, Rodrigue… Les premiers étant peu réactifs et uniquement axés sur les tourneurs et producteurs importants, les seconds demandant un investissement de départ élevé. Or notre sentiment est que la billetterie sera gratuite dans les années à venir, seules des commissions raisonnables seront facturées aux organisateurs d’événements.

D’où vous est venue l’idée ?

En organisant Velotour, nous avions besoin d’un système d’inscriptions sur Internet pour les participants. Or, les grands distributeurs de billets : Fnac et autres n’étant pas très réactifs, nous avons fais le tour des solutions web existantes. Et seul Paypal nous convenait à peu près comme solution de contournement. Mais cela reste une banque en ligne et non un module de billetterie à proprement parlé. En parallèle aux Etats-Unis des pure player de la billetterie en ligne en self-service commençaient à faire des étincelles. On a donc décidé de nous lancer sur le marché français.

Quelle est votre facteur différenciant par rapport à la concurrence ? Et pensez vous répondre à un réel besoin ?

Déjà notre rémunération, car outre le fait que nous sommes les moins chers du marché, notre logique est de nous rémunérer uniquement sur les ventes de nos clients. C’est donc un partenariat gagnant-gagnant.
De plus la logique self-service et plug and play de nos billetteries nous différencie des concurrents sur ce marché.
Pour la question, répond on a un besoin ? nous en avons la certitude car nos clients nous le répètent régulièrement et nous vendons chaque jour de plus en plus de places avec des nouveaux clients et en fidélisant les anciens.

S’agit-t-il de votre 1ère création d’entreprise et si oui quelles ont été les plus grosses difficultés auxquelles vous n’aviez pas pensé ?

Oui il s’agit de ma première création d’entreprise. Au niveau des difficultés elles sont légions il ne faut pas se leurrer même si ce n’est pas insurmontable. Déjà les tâches administratives sont très (trop) consommatrices de temps et d’énergie. Ensuite, la seconde difficulté a concerné le développement de notre application en ligne, puisque le délai que nous nous étions fixés à été explosée, ce qui a retardé notre time to market de plus de 6 mois. C’est énorme en plein lancement, en termes de trésorerie notamment…
Quelles sont les erreurs à ne pas faire quand on lance une société comme la votre à notre époque ?
L’erreur a absolument éviter est de vouloir un produit trop abouti avant de le commercialiser. A mon sens le time to market doit primer sur la version rêvée de son produit.

Dans 3 ans vous vous voyez comment ?

Idéalement, j’aimerai avoir revendu Weezevent, prendre un peu de congés pour recharger le tout, et me lancer dans un nouveau projet. Mais au fond, je pense que je serais encore en train de développer Weezevent.

Les 3 points fondamentaux qu’un entrepreneur ne devrait jamais oublier en montant sa boite ?

Que ce sera dur, que ce ne sera jamais gagné, mais que c’est le pied.

Un conseil aux personnes en phase de création d’entreprise

Réfléchissez bien en amont sur votre projet, et ensuite foncez. La MISE EN ŒUVRE prime plus que tout. Plus encore que l’idée (je ne crois pas à l’idée de génie en pleine nuit : « Eureka »), c’est le travail et l’équipe qui font la différence.

Monsieur Deballon, merci pour cet entretien.
Pour en savoir plus sur ce Weezevent vous pouvez visualiser une démo directement sur leur site.

Entreprendre en temps de crise par Jean Marie Messier

Entreprendre en temps de crise Par Jean Marie Messier

 

Remettre l’entrepreneur au centre est un des chapitres de mon nouveau livre.

Que pensez-vous de la crise actuelle ?

Cette crise est selon moi historique et non cyclique comme on voudrait nous faire croire. Cela s’apparente plus à une KillerWave.

Il y a des paramètres récurrents dans chaque crise :

– Un défaut de rigueur des états (cf aux USA avec une politique budgétaire laxiste)

– Une opposition entre un capitalisme global et des organismes de régulation nationaux.

– Un défaut d’information (Par exemple avec les paradis fiscaux. On ne peut donc savoir d’où vient le risque)

Ce trou noir de manque d’information s’est développé en même temps qu’une perte du sens du risques par les banques.
Il y a ainsi eu un risque majeur, 10% plus gros que la valeur de l’économie, sans même pouvoir savoir où se risque était localisé puisqu’il y avait un manque d’information.
La crise est aussi virtuelle : des produits financiers virtuels ont été inventés, sans limite de valeur et surtout sans rapport avec l’économie réelle.
Le non responsabilité des banques qui peuvent constituer un risque et le revendre à 100% n’est pas tolérable.

Je pense à une citation de Goethe :  » Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. »

Dans quels secteurs faut il entreprendre selon vous ?

– L’économie du digital, tout ce qui concerne l’intégration des conséquences du digital dans l’industriel par exemple.
– Green business. Il y a une réelle prise de conscience et la fin des énergies fossiles. C’est donc un enjeu essentiel.

Quelles sont les difficultés actuelles pour la création d’entreprise ?

Avoir du capital, du financement.

Il ne suffit pas d’avoir un BP, d’avoir une bonne tête et une bonne idée.
Il faut une équipe, pas 1 personne, cela rassure.
Il ne faut également plus venir avec juste une idée, il faut un produit/service testé. Le financement est donc plus tardif.

Il ne faut selon moi pas rechigner à s’appuyer sur un partenaire ou un business angel, quitte à perdre un peu de capital.
Selon vous la solution de sortie de crise est un capitalisme d’entrepreneurs plutot que de financiers ?

Oui mais ça ne va pas supprimer l’appât du gain. Ca ne va pas moraliser le capitalisme.

Mais cela permettrait peut etre d’éliminer certains excès et de valoriser l’entrepreneur.

Ce qu’il faudrait faire :

– Un excès des financiers : se baser sur la variation d’un cours et non sur sa valeur réelle. Il faut a ce titre empecher la vente à découvert. On ne doit vendre ou acheter que ce que l’on a. Les instruments spéculatifs sont sans utilité.

– Il faut obliger une institution qui émet une action ou quelque chose de risqué à en garder une partie dans son bilan pour lier les conséquences du risque au créateur du risque.

– Obligation d’information à demander aux paradis fiscaux pour empecher la création d’un trou d’information

– Réformer les bonus. Il ne s’agit pas seulement des PDG mais de l’ensemble de la filière risque financier. Il faut constater la réalisation ou pas du risque, et adapter les bonus. Il ne faut ainsi pas que les bonus soient instantanés mais réparti dans le temps.

– remettre les valeurs de l’entrepreneur au centre. Ces valeurs sont le bon sens et le risque (car la tentation d’avoir un excès de précaution est également forte). La notion de risque est assumée par l’entrepreneur. La valeur née du risque. Il ne faut pas lier les entrepreneurs aux financiers et faire l’amalgame, le risque est différent car assumé.

En ce qui concerne le BP en temps de crise, pensez-vous qu’il soit nécessaire de plus l’axer sur la partie innovation que sur la partie financière?

Aucun BP n’a tenu le choc à la période actuelle.
Il faut un BP mais ce n’est pas la dessus qu’on vous apportera des fonds.

– la qualité de l’équipe

– la qualité du produit/service

L’innovation est necessaire mais loin d’être suffisante.

Exemple avec Vivendi : Nous avons eu très tot l’idée de la convergence des médias (ex Iphone…). l’innovation était la, la vision était la mais le produit et la capacité à délivrer le service étaient prématurés.

Il faut être attentif et se demander : Ai-je les moyens d’offrir le service/produit dans des conditions acceptables par le consommateur ?

Un consommateur n’achète pas une technologie mais un produit/service.
C’est la clé : démontrer qu’on a la vision de la capacité du consommateur d’acheter le produit car il existe une valeur réelle pour lui.

C’est cette dimension supplémentaire, de répondre à un vrai besoin, que doit apporter l’entrepreneur.

Pensez-vous qu’entreprendre chez les jeunes permettrait de faire baisser le chômage ?

Novembre 2003, New York : je veux monter Messier Parners, en moins de 12H l’entreprise est immatriculée.

Il faut continuer à prendre des mesures dans ce cens, c’est une bonne contribution pour faire face à la crise.

Le reclassement n’existe pas aujourd’hui pour 30/40% des banquiers d’affaire mis à pied. Ils ont donc la tentation de monter leur boite. C’est une bonne chose mais avec une telle approche il risque d’y avoir très peu de survivant..
D’ailleurs partir en équipe assure plus de chances de survie.

Pensez-vous qu’il soit plus simple de créer aux US pour les projets d’innovation et comment constituer une bonne équipe de départ ?

Il faut le plus possible de brassage, aller à l’étranger.
Les business angels peuvent vous permettre de completer votre équipe en vous présentant des gens.

C’est possible d’entreprendre en France. Aux US l’avantage est la taille du marché direct adressé et la langue. Il y a également une philosophie très différente. Une philosophie de la 2e chance, on se dit que vous avez appris de l’échec. En France, plus personne ne vous prêtera pour une nouvelle expérience si vous échouez. C’est pour cela que je suis parti aux US, le soutien était plus fort et l’accueil meilleur.

J’ai par exemple reçu un chèque d’un de mes plus gros anciens concurrents US pour payer les 3 premiers mois d’installation de ma nouvelle activité Messier Partners. C’est ca la culture de la 2e chance.

Savoir donner quand on a beaucoup reçu aussi.
Le réseau est fondamental.

Un entrepreneur doit savoir se dire : « Si je deviens un obstacle au développement de ma société, je dois partir. »


Quelle a été la place de vos études dans votre travail et quelle a été votre 1ere expérience d’entrepreneur ?

Mes études ? Recouper des ordres de grandeur et savoir compter.

Le plus utile : Les réseaux

Impose ta chance, va vers ton bonheur, va vers ton risque…

Il ne faut pas laisser la chance passer, il faut savoir prendre des risques. Plus on s’éloigne des études, plus cette capacité va faire la différence.
1ere expérience d’entrepreneur a été d’être président du Ski Club de l’X. Il fallait chercher des sponsors et arriver à avoir un bénéfice et du plaisir avec le profit de cette expérience.
Il n’y a pas de bon moment pour se lancer. Il y a de bonnes idées, de bonnes initiatives à prendre.

Avoir de l’expérience avant d’entreprendre ?

L’expérience doit être représentée dans votre équipe, votre conseil.
Rentabiliweb : Créer par un jeune entrepreneur et c’était sa première expérience.
Il est passé d’avocat à créateur de rentabiliweb. Il n’y avait pas d’utilité pour lui d’avoir plus d’expériences mais d’avoir la sagesse d’aller chercher un tour de table qui apporte les éléments d’expérience.
Ne pas se croire omniscient et faire une association performante.

Si vous voulez en savoir plus sur la vision de Jean Marie Messier sur la crise vous pouvez lire son dernier livre « Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête ». Cliquez sur l’image ci-dessous.

Alexandre Boujon : Entreprendre sur internet plutôt que d’être salarié et réaliser plusieurs millions de chiffre d’affaires

 

J’ai eu des expériences dans des grosses structures mais je n’ai pas eu le retour que j’attendais.. Les conditions ne me plaisaient pas trop.

J’ai alors eu cette Idée : organiser sur internet  des séjours à Paris pour des étrangers.
Je suis parti de zéro. J’ai monté le site, démarché les partenaires (Lido, hôtels and co qui ne connaissaient pas internet).

En Juillet 99 c’est le lancement de cometoparis.com en anglais + français.

Il y a alors une vraie adéquation entre le média (internet) et la clientèle (US) car c’est à l’époque la plus connectée sur internet.

En 2008 : 30 000 personnes utilisent cometoparis.com pour organiser leur voyage à Paris.
2008 : 3 millions euro de CA.

La nouvelle activité ski  (locationskimoinscher.com) permet à 15 000 personnes de louer leur matériel.

Au lancement de l’entreprise je me suis autofinancé à hauteur de 100 000 francs de capital. Et j’ai monté la société avec un ami associé.
2000 : expansion, ventes mais volume toujours faible.
juillet 2001 : ouverture d’un bureau sur le toit de la défense pour vendre les prestations. Mais après 11 septembre fermeture du bureau. Il a fallut trouver d’autres clients car les US ne voyageaient plus. La clientèle a basculée et s’est étendue en langue et en provenance.
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En  2005 séparation de l’associé. J’ai été tout seul pendant 2 mois pour gérer toute la boite, cela a été une période éprouvante.
En 2006 : propriétaire à 100% en rachetant les parts de mon associé. Un fonds d’investissement rentre dans le capital car cometoparis.com a une bonne croissance (110%) et des marges importantes, il s’agit d’une société petite mais organisée, ce qui est important pour un fonds..

Mon diplôme (Ponts 98) n’a pas vraiment servi pour monter ma société car j’étais dans le secteur du tourisme. Mais en relation avec les banques et les investisseurs, le diplôme m’a servi, c’était une assurance supplémentaire.
Cometoparis : BFR négatif donc placement de trésorerie. Ce qui permet de ne pas avoir d’endettement auprès des banques pour faire les investissements.
Le fait d’avoir un fonds permet de mieux sortir à terme. J’ai voulu sécuriser un minimum de patrimoine afin de sécuriser l’avenir en faisant rentrer un fonds.
Bonnes relations avec le fonds (Cyclade). Aucune méthode de gestion imposée. 1 reporting 1 fois par mois. Les relations sont donc light. Il ne faut surtout pas mentir car le fonds finira par le savoir. Il n’y a pas beaucoup d’apports de conseils, mais ils sont toujours dispo quand il y a des évolutions.

Faire croitre la société : Interne ou externe. Dans mon cas le marché qui croit mondialement de base. Il y a donc 2 possiblités : soit rachat des concurrents, soit étendre sa propre présence.

Exemple de croissance interne possible dans mon secteur : soit rajouter des langues, soit chercher d’autres types de clientèles (soireesaparis.com prestations similaires mais charte graphique et marché différent. Il s’agit de mutualiser les compétences de cometoparis pour aller chercher les français en utilisant les memes partenaires.)
Page rank de 5 pour cometoparis. Donc même si le design du site n’est pas moderne, le site marche bien, avec un bon taux de transformation.
Cometoparis.com ne propose aucun vol sec car peu de marge et de gros concurrents.
Business model : Système de commissions. Il s’agit de rester fort sur ces forces (cabarets, diners croisières. En étant dans leurs 3/5 premiers clients). Et  avoir le plus de propositions possibles.
Taux de transformation très bon (supérieur à 1,5%) ce qui signifie 100 000 visiteurs par mois.
Nous avons surtout un branding sur le service apporté. Notre Positionnement est sur le service. Il ne serait par exemple pas pertinent d’avoir des bateaux cometoparis, car les risques et les gens veulent avoir un vrai bateau mouche traditionnel.

30% des visiteurs de notre site arrivent par les moteurs de recherche, les autres tapent le nom direct donc indicateur de BAO et de retour client.
Nous possédons 100 noms de domaine avec des écritures différentes de nos sites, afin d’être sur que les voyageurs vont tomber sur notre site.

Locationdeskimoinscher.com : 800 000e de CA.
Notre atout : Savoir faire des sites web et de savoir les multiplier avec de multiples combinaisons.

Je suis très heureux d’avoir eu le courage d’entreprendre.

10 conseils de l’entrepreneur Alain Roubach (Léon de Bruxelles, Matsuri, etc..) pour monter son concept de restauration

CEO Talk : Alain Roubach

 

Bonjour Monsieur Roubach, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai commencé par travailler à la banque Lazars dans les années 80, à la sortie de mon école de commerce. Mais je n’étais pas heureux en banque d’affaires.
Je retrouvais souvent un ami du lycée qui travaillait dans une boite d’import-export aux US et n’était pas heureux non plus de sa situation.
C’est ainsi que lors d’une discussion l’idée de monter un fast food en France nous ait venue.

Nous n’avions que 23 ans et nous avons fondez à 2 Love Burger.

La 1ere étape a été de trouver un emplacement en 1982 (dans un quartier un peu chaud de Paris puisque uniquement financé par fonds propres ou par Love funds).

Le restaurant a été assez vite rentable et nous avons voulu en ouvrir un autre, cependant, comme la 1ere fois la banque refusait de prêter la somme nécessaire. Nous avons calculé qu’il nous faudrait 2 ans pour financer l’ouverture de chaque boutique, cela nous semblait beaucoup trop long comme temps de développement.

Nous avons alors eu une autre idée : Vendre des burgers de notre marque dans les cafés.
Après de nombreux essais nous avons réussit à concevoir un hamburger congelable et rechauffable au micro ondes dans de bonnes conditions.
Il fallait le faire fabriquer de façon industrielle, en dehors de notre boutique, et nous avons réussit à convaincre une boulangerie industrielle qui était prête à fabriquer nos hamburgers dès que le réseau de vente serait en place.

Nous avons ensuite contacté une plateforme de surgelés qui livrerait les points de ventes. Tout semblait aller pour le mieux, cependant 2 problèmes se posaient : les micro-ondes étaient encore peu répandus et il fallait convaincre les cafés de distribuer les Love Burger.

Nous nous sommes rendu chez Moulinex, qui lançait un micro-onde, et nous avons réussit à convaincre notre interlocuteur de nous fournir à crédit 150 micro-ondes à crédit pendant 90 jours. Nous avons acheté un fichier d’adresses de cafés et nous leur avons tous envoyé une lettre contenant le message suivant :

Un micro-onde gratuit si vous vendez des Love Burger.
Dans les jours qui suivirent le téléphone n’arrêta pas de sonner et l’activité démarra en fleche.
Ainsi de 82 à 90 nous avons rencontré un très grand succès en répliquant ce même modèle partout (avec un système de carte Love Burger comme les cartes Miko pour les glaces surgelées). Moulinex à sorti un four micro-onde à la marque Love Burger et nous atteignions 5000 points de ventes pour 65 millions de francs de chiffre d’affaires.
Parallèlement à ce développement de la vente des hamburgers en cafés nous avions un peu développé les magasins Love Burger qui passèrent de 1 à 5 dans le même temps.

89 : Début de l’implantation de Mac Do en France, nous avons revendu la partie distribution (hors restaurants qui n’intéressaient pas). Nous devions donc trouver des acheteurs à part pour les restaurants. Un acheteur se présente : Léon de Bruxelles qui possède déjà une boutique à la république. L’acheteur nous invite dans ce restaurant pour le tester. L’acheteur retire son offre mais ce que nous avions vu nous avait convaincu : nous rachetons nous même en propre le dernier restaurant Love Burger pour devenir franchisé Leon de Bruxelles. Nous mettons à la tête du restaurant un ancien directeur de restaurant Love Burger.
Viens ensuite une période où nous nous consacrons à d’autres activités (famille, travail dans une banque…)

Et, un jour, par hasard nous regardons les chiffres du restaurant Léon de Bruxelles : la où le restaurant Love Burger faisait 3 millions de francs de chiffre d’affaires, le restaurant Léon de Bruxelles atteint 12 millions !

Nous décidons d’aller voir les belges et d’acheter la licence pour la France entière.
La société est introduite en bourse en 1997 et nous avons revendu nos parts petit à petit à partir de ce moment la.
Depuis 2000, je n’ai plus vraiment de fonctions opérationnelles, je suis principalement actionnaire et président du conseil de surveillance de Pomme de Pain et, depuis 2008, président du comité stratégique de Matsuri.

Le fait d’avoir d’abord travaillé en banque d’affaire a t’il été utile pour monter votre boite ?

Je n’ai pas vraiment appris au contact des grosses entreprises, à part le métier de banque d’affaires donc je répondrais que non.
Cela m’a cependant permis de découvrir 2 points clés de la gestion : la trésorerie et le BFR.

C’est de la qu’est né mon intérêt pour la restauration et paradoxalement c’est aussi un secteur où le pouvoir des clients est faible. (contrairement aux services où un seul client peut représenter plus de 20% des achats…).

Quelles sont les erreurs à ne pas faire ?

Je pense qu’il faut faire des erreurs puisqu’on apprend surtout de ses propres erreurs..

Il n’y a pas réellement de règles. Un point quand même à respecter est de ne pas être seul pour monter son entreprise.

De plus ce ne sont pas toujours les mêmes types de compétences qui sont nécessaires selon les stades de développements de la boite donc pas les mêmes personnes qui sont les bonnes.
Il faut que les personnes techno, qui ont développé un bon produit, ne négligent pas l’aspect commercial. Si on ne vend pas, la boite meurt, c’est aussi simple que cela. Une bonne techno ou une bonne idée peut ne pas réussir. Il faut savoir dire « ca je ne sais pas faire ». Ainsi savoir déléguer et trouver les bonnes personnes est primordial.

La mentalité est différente en France et aux US.

Aux US les fonds qui rentrent dans une boite virent le management dans les 18 mois pour en mettre un nouveau en place, qui amène la boite à l’étape d’après. C’est beaucoup moins le cas en France..

Qu’en est il du financement lors de la création d’une entreprise ?

En France il y a peu de fonds de seed, surtout du LBO ou du capital developement.

J’essayerai de moi même au début, et si je n’y arrive pas j’irai voir des organismes du type Oséo et surtout je n’irai pas voir les banques directement si je n’en ai pas besoin (pas commencer à lever de la dette tout de suite).

La restauration se développe par la dette en général.
Car si on utilise l’auto financement c’est trop long pour se développer ou alors il faut déjà être à un haut niveau de développement pour utiliser l’auto financement. Je ne parle pas de dettes d’exploitation, mais uniquement de dettes à long terme.
Il ne faut surtout pas investir plus de 5 fois l’EBE pour l’ouverture d’un restaurant et le mieux est de prendre de la dette sur 7 ans.

Quel est le 1er critère que regarde les investisseurs quand un projet vient pour lever de l’argent ?

Il faut faire rever ! Si vous présentez que dans 5 ans ca fera 10k alors on se dira que ca en fera 2k… paradoxalement si vous présentez 100k vous aurez l’air plus crédible.
Nous regardons aussi l’équipe ! Le fonctionnement, la dynamique, la conviction. Et comme je l’ai dit auparavant pas de personne seule.

Pour des projets early stage on investit plutôt au fil de l’eau plutôt qu’en 1 fois.
Il faut bien se rappeler que la valeur objective d’une boite n’existe pas (cela je l’ai compris l’année où Léon de Bruxelles à été valorisé 45 fois ses bénéfices de l’année suivante !).

Comment réussir ?

On réussit en essayant . 100% des gens qui ont réussit ont voulu réussir…
Il faut aussi avoir du courage. Mais il y a beaucoup de cotés positifs : la liberté, l’intérêt dans son travail…
Partir monter sa boite juste après ses études c’est vraiment courageux.. Challenging !

Léon de Bruxelles, franchises ou en propre ?

Je préfère en propre.

Soit on connait vraiment bien le métier et on se développe en franchises, mais si on ne connait pas bien le métier on n’utilise pas le principe des franchises puisque au final on n’apportera pas grand chose aux franchisés qui partiront ouvrir leur propre affaire.
Je trouve que 75% en propre et 25% en franchises peut être une bonne solution, sauf pour Masturi nous avons choisi 100% en propre.

En terme de rentabilité c’est 15-20% de l’EBE en propre contre seulement 4% de royalties pour une franchise !

Avoir des franchises crée aussi d’autres problèmes : perdre du temps à discuter avec les franchisés. Diriger une boite ce n’est au final pas une démocratie il faut pouvoir prendre des décisions tranchées.
Les franchisés, c’est soit une minorité oppressée soit c’est vous qui devenez la minorité oppressée. (caricature)

De plus le franchisé véhicule l’image de marque, s’il y a un problème la répercussion est immédiate sur toute la chaine.
Ainsi avoir un vrai réseau de franchisé (je parle dans le cas de la restauration) ce n’est ni intéressant commercialement, ni financièrement.


Le concept Léon de Bruxelles à t’il été structuré avant d’être importé pour la France ?

La mise en place des procédures s’est faite au fur et à mesure que les problèmes se posaient. Il n’y avait qu’un seul restaurant Léon de Bruxelles en Belgique a nos début. Finalement c’est nous qui avons racheté la marque à la maison mère ! Et c’est la Belgique qui devait demander une licence à la France…
Léon de Bruxelles est ainsi passé de 15 personnes en 90 à 1000 personnes aujourd’hui.

Comment exporte t’on un concept de restauration?

Le problème des moules pour Léon de Bruxelles est qu’il est dur d’avoir de la bonne qualité.
En général il y a eu beaucoup d’échecs dans l’exportation de concepts de restauration à l’étranger.
Dans ce cas la il ne faut pas utiliser un développement en propre mais avoir recours à des master franchisés.

Pensez vous qu’il y ait la place aujourd’hui pour de nouveaux concepts de restauration?
Oui largement, il faut être innovant ou sur une niche.

Succès d’un restaurant est il lié à son lieu d’implantation ou a son ticket moyen ?

Le concept c’est la 1ere chose. Pour Léon de Bruxelles, le concept plaisait c’est ca avant tout.
Après un effet marge se rajoute plus un effet volume.
Nous avons crée une niche. C’est également le cas avec les restaurants japonais (et donc Matsuri).
La question qu’on se pose souvent est celle de la saturation de la niche ?
Mais en fait cette question est peu pertinente, l’offre crée la demande. Plus l’on voie l’offre, plus l’on va vouloir la consommer.

Les coûts dans la restauration?

Il faut raisonner en prime cost : food cost et les salaires.
Un très bon concept comme Léon c’est 52% de prime costs (20% de food et 32% de salaires). Il ne faut surtout pas dépasser 60%, et si vous êtes à 50% c’est fantastique !

Il faut compter 10-12% de loyer. EBE doit toujours être au dessus de 15% pour couvrir les amortissements et le reste.
Mais actuellement il y a une augmentation de la part des loyers (due à une augmentation de 20% des loyers en 3 ans) donc certains endroits n’auront plus de restaurants (comme les Champs Elysées).
Il faut des emplacements de qualité pour positionner l’enseigne, mais si cela est plus cher au début, c’est un investissement pour le futur.

Un dernier commentaire ?

Il faut toujours penser qu’on est gros et fort. On doit toujours vous respecter, donc agissez comme un gros.